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Les alpinistes s'expriment
Frédéric raconte ici le déroulement de la journée du sommet.
Suivent ensuite ses remerciements.
Frédéric, le vendredi 28 mai 2010 (3 jours après l'ascension)
Manaslu, 8163 mètres, un aboutissement personnel mais surtout un succès collectif. Du haut de cette pointe glacée, la vue a embrassé l’immensité himalayenne. La rencontre avec le géant de glace a été belle car tout le monde était au rendez vous.
Une première tentative a pourtant été un échec dû à une chute de neige très importante. En effet, plus de 60 centimètres de neige étaient tombés en 24 heures, les dernières chutes de la nuit au camp I ayant fini d’enfouir les tentes sous la neige ... avec les occupants prisonniers sous la neige ! Par sécurité par rapport au risque d’avalanche, l’équipe est descendue la mort dans l’âme avec la certitude de ne pas pouvoir profiter de la courte fenêtre météo favorable et l’incertitude d’en avoir une autre avant le départ.
Quelques jours après, un autre créneau météo moins favorable se profile .. il faut en profiter ! L’équipe remonte au camp I sous le grand ciel bleu initialement prévu comme étant le premier « summit day ». C’est le seul et unique jour de grand beau temps que nous avons eu au Manaslu ! Pas de vent, ciel bleu jusqu’au soir et nuit étoilée. La montagne parait plus humaine avec ce genre de temps.
Le lendemain, montée au camp III. Comme toujours, la neige fraiche a tout recouvert et il faut tracer péniblement. Par chance l’échelle mis en place sur la crevasse a tenu et le passage se fait sans difficulté. L’arrivée au camp III permet de constater les dégâts : toutes les tentes sauf une sont dévastées, recouvertes de glace, déformées et écrasées par le poids de la neige. La nuit plus calme que la précédente au camp III reste néanmoins inconfortable.
Au matin, la météo est correcte. 30 km/h de vent, peu de nuages. Deux itinéraires sont possibles : la voie historique des japonais et la voie plus directe et plus rapide des coréens. Cette deuxième voie est plus raide et passe au milieu des séracs par des cordes fixes. Après avoir jugé de l’état probable des cordes, nous décidons de prendre la voie historique qui monte par une rampe raide mais sans corde fixe au plateau sommital. Le mauvais temps nous surprend au milieu de la rampe, nous perdons toute visibilité et il est déjà 15H. Le doute s’installe .. renoncer ou poursuivre ? Nous décidons d’aller voir un peu plus loin et nous avons fait le bon choix. La pente s’adoucit et nous prenons pied sur les glaces bleues et dures du plateau sommital. Seul cadeau du Manaslu à notre égard : nous trouvons 3 tentes d’altitude installées par une autre expé et nous trouvons refuge dans celles-ci sans avoir à monter nos trois petites tentes pour 7.. Nuit très courte puisque le départ pour le sommet est prévu pour 2H.
Réveil facile le lendemain puisqu’il n’y a pas eu de sommeil. Nous faisons fondre la neige avec deux réchauds seulement puisque nous n’avions prévu que deux tentes. Cela prend plus de temps que prévu mais nous partons quasiment à l’heure prévue. Le froid est mordant mais très acceptable. La nuit claire et l’absence de vent nous donnent confiance et nous commençons la traversée du plateau sommital. Celui qui a parlé de plateau sommital a-t-il vraiment été là ? Nous nous trouvons devant un mur de 100 mètres de haut à 40° !!!!! Dans la nuit nous ne voyons pas ou passer donc partons tout droit... pour nous heurter à une dernière section glacée et donc difficile. Demi tour, il faut chercher un passage plus commode. Nous le trouvons et passons la pente facilement pour nous retrouver dans un petit replat suivi d’une nouvelle pente glacée. L’inclinaison plus faible (30°) et la présence de neige permettent de passer l’obstacle facilement et d’atteindre le pied de la cime qui semble si proche maintenant.
Le rêve se réalise enfin... pouvoir se frotter à la limite irréelle des 8000 mètres, côtoyer le ciel et pouvoir observer le monde tout petit à ses pieds... c’est l’aboutissement d’une passion d’alpinisme et d’une riche expérience de montagne. Donc merci à tous mes amis de montagne et en particulier à Jean Louis qui serait si heureux de cette réussite qu’il aurait probablement voulu partager avec moi. Je lui dédie ce sommet et je pense à lui.
Merci a tous ceux qui m’ont encouragé, donné leur soutien ou permis de vivre cette expérience, ils se reconnaitront.
Enfin merci à tous ceux qui par leur intérêt ont fait vivre ce projet car il n’y a pas de bonheur non partagé. J’espère qu’elle aura fait vibrer autant qu’elle nous aura pris aux tripes, nous avons tout donné pour ce sommet.
Les remerciements d'Arnaud
Avec ce 2ème 8000 réussi je repense avec nostalgie aux personnes qui m’ont aidé et cru en moi dès le départ il y a 4 ans. Je remercie ainsi vivement le président du CAF d’Orléans, ma tante (ça la surprendra mais je n’ai pas oublié), le service des sports de ma ville, Saran, mes collègues (mention spéciale à un semoyien)...
Je pense aussi à tous ceux qui nous ont suivi sur internet, les anonymes et ceux que je connais, aux amis (spéciale dédicace à toute la shemale family), aux forumers du club (Fab’ tu as du suivre ça je suppose !), à mes parents (désolé pour le souci que je vous cause en expé).
Je dédie ce sommet à mon pote de montagne : Thierry, les 8000 n’ont pas voulu de toi mais tu l’aurais mérité et comme promis j’ai fait ce que tu m’avais demandé de faire là-haut...
Je remercie enfin toute l’équipe grâce à qui nous avons réussi : merci à vous pour ces moments passés à vos côtés et pour être redescendus entiers.
Merci enfin à vous tous pour vos encouragements.
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Remerciements
Cette expédition à été organisée avec l'aide précieuse des guides de haute montagne Ludovic Challéat
et Paulo Grobel.
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